22 juin 2015 - Balade dans le Laverq

Ils y étaient : ils nous raconteront...

Les ruches savantes nous en disent long
Les ruches savantes nous en disent long

 

Quelques photos avant le compte rendu que fait Nicole et en souhaitant que ceux qui avaient bien prévu de venir et qui ont été empêchés à cause d’ennuis de santé se remettent vite. Je pourrai toujours leur faire une redite un de ces jours .

En tout cas les 14 qui ont été là ont été très studieux, joyeux  et participatifs et la bouffe partagée excellente, nous avons toujours 20 ans dans le cœur et dans la tête.

Amicalement

 Lucien Tron

Des participants à cette balade
Des participants à cette balade
  • Récit de NICOLE BRIOLE OTTAVI  (vendredi, 03 juillet 2015 18:05)


    22 JUIN VALLON DU LAVERQ
    Nous sommes 15 Gassendiens et Gassendiennes au rendez vous.
    L’arrivée au VALLON DU LAVERQ est toujours étonnante : la petite route de montagne longe une vallée étroite et soudain s’ouvre sur un paysage grandiose. Lucien nous attend au creux du vallon où coule la Blanche, au pied de ce panorama imposant dominé par la petite Séolane (2854m) et la grande (2909m), la forêt très dense descend jusqu’au fond de la vallée. Lucien est très heureux de nous faire découvrir ce Laverq qu’il aime tant et auquel il consacre temps et passion pour le faire connaître le valoriser et garder son caractère naturel et rural. Le temps est magnifique : le ciel d’un bleu intense propre à l’Ubaye, un peu frais au petit matin 7°.
    Nous prenons le sentier long du patrimoine LAVERGAN. 
    Nous longeons des prairies prêtes à être fauchées, d’où monte un parfum d’herbe fraîche : ici des salsifis jaunes là du sainfoin. Lucien veut tout nous faire connaître, la sauge, bien sûrdéjà fleurie d’un bleu tirant sur le violet , plus loin c’est l’absinthe (artemisia absinthium) et puis la gentiane à moins que ce soit le vératre toxique non c’est bien la grande gentiane puisque ses feuilles sont opposées et non alternes.
    Au fil de notre promenade nous rencontrons les fameuses ruches d’information "ou savantes"il y en a 9 et elles contiennent au total 45 textes. Ces textes explicatifs sur la vallée nous font revivre et comprendre les hommes, la vie, la nature du vallon d’hier et d’aujourd’hui. Nous lisons à tour de rôle ces passionnantes explications.


  • En commençant notre montée nous découvrons une maison en pierre, « une rente », caractéristique de l’habitat du Laverq sur terrain très en pente: étable et grange, pièce à vivre entre les 2 ; derrière la maison une grande aire de foulage reposant sur un drain isolant la bâtisse de l’humidité. Un peu plus haut un énorme tas de pierre: 1000m3 7 mètres de haut. C’est un clapier (de clapié en provençal tas de pierre) Lucien et son association l’ont restauré. Les clapiers sont émouvants, pour moi, car c’est le travail de générations et de générations de femmes, d’enfants et quelquefois d’ hommes. Ils jetaient sur un tas préconstitué d’un mur de base les pierres qui dévalaient de la montagne ou remontaient du sol pour pouvoir couper l’herbe sans abimer la faux ou pour pouvoir charruer. Nous découvrons aussi «des ronds de sorcières » c’est la pleine saison des faux mousserons ou boutons de guêtres, c’est le marasme des oréades, son parfum est unique. Voilà quelques orchis vanillées et de la lavande sur le point de fleurir, elle est déjà très parfumée.
    En continuant notre ascension d’autres surprises nous attendent : «les lèques ».
    Ces pièges à grives propres à l’Ubaye et au pays de Seyne ont permis à des générations d’améliorer leur ordinaire, d’abord en se régalant de cet oiseau délicieux ensuite la vente assurait un revenu important. Les grives étaient revendues jusqu’à Marseille.
    Claude nous confectionne une lèque: deux pierres plates, 4 morceaux de bois pour maintenir un équilibre fragile, la grive attirée par la branche de genièvre et sa baie comme appât, fait tomber l’ensemble et se trouve prise au piège.
    Encore un petit effort et nous voilà au BELVEDERE DU DUC. La vue est unique : nous apercevons au loin Vautreuil, la Sèche, le Pic des têtes, l’Aiguillette, Roche Close et tout au fond la tête de l’Estrop.C’est magnifique, grandiose. Dommage que nous ne puissions apercevoir les Eaux Tortes. Dans ma petite enfance, lors de mes vacances à Seyne, chez ma grand-mère, tous ces noms étaient mythiques pour moi lorsque mes oncles racontaient leurs épopées.
    La forêt que l’on voit à l’ubac est dense : mélèzes, épicéas, sapins, pins cembros .
    Nous redescendons tranquillement vers la maison familiale de Lucien qu’il a si bien aménagée avec ses frères.
    Un apéritif local nous attend : gentiane incontournable, vin de sureau délicieux au parfum si fin, vin de feuilles de pêcher très bon aussi, vin de noix, tous « maison » mais j’en oublie sûrement, accompagné d’un divin filet mignon façon Lucien dont nous avons pris la recette.
    Avec appétit nous nous installons autour des grandes tables que Lucien nous préparées à l’ombre du noyer et des pruniers C’est, bien sûr, un repas très chaleureux et sympathique. Quel grand bonheur de nous retrouver, de partager, d’échanger : Joseph comme à Forcalquier a, bien sûr, apporté son très bon jambon, Alain son rosé de Pierrevert. Ah ! le pâté de grives de Claude, Gilbert avait un excellent pâté de chevreuil. Un beau moment de bonheur et d’amitié.

  • #23


    Après un bon café nous sommes prêts pour repartir à la découverte de l’histoire de l’abbaye et de la jolie église du 15ème siècle nichée au creux de la vallée. Elle est dédiée à saint ANTOINE l’Egyptien, dominé par un beau clocher de style roman provençal. L’autel est en noyer massif c’est celui de l’ancien autel de l’église de Barcelonnette. Il fut amené vers 1860 à dos de mulet.
    Le seigneur NOBLE URSSEL de Volonne et ses 2 fils donnent à la confrérie religieuse chalaisienne de Saint Benoît le lieu nommé Laverq. Le prieuré fut fondé en 1135 par la communauté de l’abbaye de BOSCODON. Il devient abbaye en 1220. Les moines y mènent la dure vie des paysans montagnards, bûcherons et bergers.
    Nous terminons par la dernière ruche toujours aussi instructive et passionnante et la visite du cimetière qui était à l’abandon et que Lucien et ses proches ont, bénévolement, réhabilité de façon remarquable. Quel bel hommage aux lavergans d’hier et à la vallée. J’ai trouvé ce lieu particulièrement émouvant.
    J’aurais beaucoup d’autres souvenirs de cette journée à évoquer : l’histoire de l’huile de marmottier ou prunier de Briançon, le genévrier sabine rampant moins connu, pourquoi le tremble s’appelle ainsi, le chant du pouillot véloce, la jusquiame noire qui se raréfie et la jolie silène dioica ou compagnon rouge, le Laverq c’était 13 hameaux, 350 personnes, 100 enfants, 3 écoles…c’était en …1890…
    Sur le parking après nous être dit au revoir nous avions du mal à rejoindre nos voitures pour repartir, il nous était difficile de nous arracher à la magie de cette journée. Nous avons tous eu beaucoup de bonheur à partager la passion de Lucien pour son beau vallon et à nous retrouver.
    Vous trouverez des compléments d’info sur : www.laverq.net
    Nous pouvons apporter notre soutien au remarquable travail qu’effectue Lucien et les membres de son assoc : L’ASSOCIATION de protection et d’aménagement du vallon du Laverq.


  •                                                                                                                      Nicole Briole Ottavi.

P.S.
Voici la liste de ceux ceux qui ont eu le bonheur et la chance de partager cette merveilleuse journée du LAVERQ :
Gilbert BLANC, Joseph BONNAFOUX et Chantal, Marcel BONNAFOUX, Marie Hélène GASSEND, Anne Marie et Alain JAUBERT, Claude MAGNAN, Gérard MOLLET et Delphine,
Alain REVEST, Gerard SORRENTINO, Lucien TRON
J'étais, bien sûr, accompagnée de Robert.
NBO

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Commentaires : 1
  • #1

    marie hélène gassend (dimanche, 05 juillet 2015 18:51)

    Merci à toi Nicole pour un compte-rendu qui évoque si bien la beauté des lieux, les saveurs et les parfums, la lumière, et l'amitié chaleureuse dont nous étions tous enveloppés; ce fut une journée radieuse. J'ai eu un coup de coeur pour les "lèques", et les pâtés de grives et de chevreuil ont enchanté mes papilles gourmandes.
    Un grand merci aussi à Lucien qui donne tant d'amour et de temps à son Laverq et qui fut un guide parfait et un hôte exquis.
    Bises à tous " mes petites grives" en référence à Gilbert Blanc qui disait que lorsqu'on a la chance d'avoir capturé une grive "appelant" il fallait la bichonner plus que sa femme. (paroles de chasseur).